Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny par Jules-Léonard Belin

Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny par Jules-Léonard Belin

Titre de livre: Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny

Auteur: Jules-Léonard Belin

Broché: 58 pages

Date de sortie: July 22, 2016

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Jules-Léonard Belin avec Le palais des thermes et l’hôtel de Cluny

PALAIS DES THERMES.

La partie méridionale de Paris, aujourd’hui moins étendue et moins peuplée que la partie septentrionale, était, du temps de la domination romaine, bien plus riche en monumens et en institutions religieuses, civiles et militaires[1].
Cette partie se nommait alors le faubourg Lucotitius ou Lucotitie[2], et ce nom, à la désinence près, est le même que celui de l’île de la Cité, appelée Lucotetia, dont on a fait plus tard Lutetia.
De tous les édifices qui, à cette époque reculée, décoraient ce faubourg, le plus remarquable et le plus vaste était, sans contredit, le PALAIS DES THERMESA. Ses bâtimensB et ses cours (atria), s’élevaient au midi, jusqu’aux environs de la Sorbonne ; c’est du moins ce qu’il faut conclure des descriptions que nous en ont laissées quelques historiens, entre autres Jean de Hauteville, qui écrivait avant que Philippe-Auguste eût fait disparaître une partie de cet édifice pour construire le mur d’enceinte de Paris ; il prétend que le principal bâtiment était situé sur la partie la plus élevée de la montagne[3]. Du même côté, et au-delà, se trouvait la place d’armes, ou le campus, désigné par Ammien Marcellin[4]. À ce campus, qui devait occuper les emplacemens de l’ancien couvent des Jacobins, de la place Saint-Michel, etc, aboutissait la voie romaine d’Orléans à Paris, par le village d’Issy.
Toute cette partie méridionale dépendait du palais des Thermes, puisqu’on a la certitude que les rois Francs, qui ont succédé aux empereurs romains dans la propriété de ce palais, possédaient de même et retenaient sous leur censive, ces divers emplacemens.
On ne connaît pas bien les limites de ce palais à l’ouest : il est probable qu’il s’arrêtait à la ligne tracée actuellement par la rue de la Harpe. À l’est, il était borné par la voie d’Arcueil à Paris (aujourd’hui la rue Saint-Jacques).
Au nord, les bâtimens se prolongeaient jusqu’à la rive gauche de la Seine. M. de Caylus, qui a soigneusement exploré les traces de ces constructions antiques, assure que dans les caves des maisons situées entre la rivière et les restes du palais des Thermes, on trouve des piliers et des voûtes de maçonnerie romaine : il ajoute, qu’avant la démolition du Petit-Châtelet[5], on y voyait des arrachemens de murs antiques, qui se dirigeaient vers ce palais[6].
La salle qui subsiste encore aujourd’hui, unique reste d’un palais aussi vaste, offre dans son plan deux parallélogrammes contigus, formant ensemble une seule pièce. Le plus grand a 62 pieds de longueur sur 42 de largeur, et le plus petit 30 pieds sur 18. Les voûtes à arêtes et à pleins cintres, qui couvrent cette salle, s’élèvent jusqu’à 42 pieds au-dessus du sol. Telle est la solidité de ces voûtes, qu’elles ont résisté pendant quinze siècles aux ravages de toute espèce, et qu’elles ont supporté, durant de longues années, et sans éprouver de dégradations sensibles, une épaisse couche de terre cultivée en jardin et plantée de grands arbresC.
L’architecture majestueuse de cette salle est remarquable par la simplicité de ses ornemens. Les faces des murs présentent trois grandes arcades, dont celle du milieu est la plus élevée, genre de décoration fort en usage au IVe siècle. La face du mur méridional a cela de particulier que l’arcade du milieu affecte la forme d’une grande niche dont le plan est demi circulaire. Quelques trous pratiqués dans cette niche et dans les arcades latérales, ont fait présumer qu’ils servaient à l’introduction des eaux destinées aux bains.
Les arêtes des voûtes, en descendant le long des murs, se rapprochent, se réunissent et viennent s’appuyer sur des consoles représentant des poupes de vaisseaux. Selon Dulaure[7], « ces poupes, symboles des eaux, servaient sans doute à caractériser la destination de ce lieu. »
La maçonnerie de ce monument se compose de plusieurs rangs alternatifs de moellons régulièrement taillés et de briques, recouverts en quelques endroits d’une couche de stuc, épaisse de 4 à 5 pouces...